Lundi 3 mars 2008 1 03 /03 /Mars /2008 17:21

            SOLIDARITE AVEC LES PEUPLES TCHADIEN ET  D’AFRIQUE

                         RUPTURE AVEC LA FRANCAFRIQUE 

 

                          Le voyage de Nicolas Sarkozy au Tchad est venu solder  le dernier conflit meurtrier en date entre les peuples d’Afrique francophone et la Françafrique : un champ de ruines, celui de la capitale N’ Djaména, un pays exsangue, tel est une nouvelle fois le décor de la coopération franco-africaine et de ses armées pour lesquelles de nouveaux contrats juteux ont été passés. Exit la rébellion venue de l’est, exit également trois responsables emblématiques de l’opposition pacifiste au régime dont Ngarlégy Yorongar, kidnappés par les hommes de main d’Idriss Déby… Mais que voudraient retenir certains médias de l’événement ? La carte postale d’un voyage de noces présidentiel sous les Tropiques ?!

                         Cette peopolisation ne parviendra pas à masquer les contradictions croissantes du régime: l’ouverture-débauchage à gauche, concernant principalement des postes clés du secteur réservé du Président - les porte-feuilles des affaires étrangères (Kouchner), de la Coopération (Bockel), des droits de l’homme (Rama Yadé), de l’immigration (Fadela Amara), la direction du FMI (Strauss Kahn), une mission sur les institutions internationales (Védrine)- vise à une gestion consensuelle donc renforcée de l’ordre néo-colonial …Le coup de gueule de Rama Yadé lors du séjour de Kaddafi en France, le discours de Bockel en début d’année appelant spectaculairement à la « rupture à l’égard de la Françafrique », le soliloque obsessionnel du Président sur ce sujet en Afrique du Sud, la première visite officielle de DSK comme Directeur général du FMI réservée au Burkina Faso …en disent long sur la déliquescence du néocolonialisme et d’une manière générale sur la crise des relations Nord-Sud. Dans les faits, le peu d’application des principes affichés de bonne gouvernance voire leur inversion cynique, dénoncés légitimement par le collectif des Tchadiens de l’étranger ainsi que par la plate-forme citoyenne France-Afrique[1] à l’initiative de Survie, ne résultent t’ils pas également de la réserve paradoxale des gauches républicaine et antilibérale, des syndicats, des forces démocratiques en règle générale de notre pays? Dans le même ordre d’idée, l’aventurisme de l’opération Arche de Zoé au Tchad procède en grande partie du déficit en matière de citoyenneté  sur cette question. La rupture publique et dans les actes à l’égard de la Françafrique, c’est d’abord les forces de progrès qui doivent l’assumer, en faisant de l’abolition du néo-colonialisme une cause nationale.

                         En effet, où en est la démocratie d’un pays qui maintient sous dictature la plupart des pays de sa zone d’influence –les plus « intéressants » en termes économiques et stratégiques- et cela en dépit de la volonté majoritaire et agissante de leurs peuples, exprimée depuis la chute du mur de Berlin par l’organisation de conférences nationales souveraines, de grèves générales, de mouvements pacifistes comme armés de libération? Où en est la démocratie d’un pays qui a probablement décroché, à l’échelle occidentale, la palme de la corruption étatique -en bonne part sous l’influence des réseaux et des lobbies françafricains- et des violences urbaines (2005 et 2007) , les banlieues françaises devenant un ghetto pour trop d’immigrés et de clandestins issus des pays ex- colonisés? Les Etats-Unis, responsables de la destruction de l’Irak, sont mis en cause par la communauté internationale et par leur propre peuple au Congrès américain ; le sionisme, qui sévit à l’encontre des intérêts palestiniens, doit rendre des comptes également à  l’ONU et à l’union européenne…De même, il est urgent que les forces démocratiques françaises, en collaboration avec les gouvernements et les oppositions progressistes africains, soldent les comptes des relations franco-africaines : génocide rwandais dans lequel est impliquée l’armée française en 1994 et qui  parasite encore toute la région des grands lacs (Burundi, Congo Kinshasa…), soutien de la dictature mobutiste au Congo Kinshasa jusqu’à sa chute en 1997, guerre civile au Congo Brazzaville en 1997, commanditée par la multinationale ELF et à l’origine de la destruction de l’Etat de droit naissant, guerre civile en Côte d’Ivoire déclarée à partir de la base arrière burkinabé de la françafrique et qui entraîna la partition du pays, maintien de la dictature togolaise d’Eyadéma par complicité renouvelée de truquage d’élections nationales, maintien de la dictature de Paul Bya dans le Cameroun pétrolifère, à l’origine d’émeutes en février dernier pour prévenir le truquage des prochaines  élections dans ce pays (2008)…

                       La responsabilité de la gestion alternative du néocolonialisme incombe également aux forces antilibérales et altermondialistes, le pré-carré francophone étant par nature ultra-libéral et subissant les recettes mortifères du FMI et de la Banque mondiale, sous-traitées par la Coopération et des dictateurs aux ordres…Au moment où le continent latino-américain s’émancipe et affirme son identité géo-politique, n’est-il pas temps de contribuer à sortir également l’Afrique de la relégation ? Le rendez-vous des peuples est actuellement au Tchad et nous sommes  invités à exiger du couple Sarkozy-Déby la libération immédiate de Mamahmat Ibni encore aux mains des tortionnaires françafricains ainsi que l’annulation du dernier contrat d’armement, signé fin février à N’djaména au mépris de la mission d’information parlementaire dirigée par le PS pour faire la lumière sur les contrats franco-lybiens de l’automne dernier. D’une manière générale, pour éviter de nouveaux drames, nos élus ne doivent-ils pas prendre position pour un moratoire concernant les ventes d’armes en Afrique ainsi que pour la création d’une commission d’enquête parlementaire qui, sur la base du livre blanc de la plate-forme citoyenne[2] , établisse le bilan et les éléments d’une réforme en profondeur des relations franco-africaines ?

                      L’histoire, qui fit coïncider la fin du colonialisme et de la guerre d’Algérie avec la naissance de la 5e République, manifeste la communauté de destin qui régit les relations franco-africaines. Pour clore le cycle des tragédies de la démocratie et du développement en Afrique francophone, pour venir à bout de la négrophobie en France, fonds de commerce de l’extrême-droite, pour éviter la bouc-émissairisation de l’immigration clandestine et résoudre en bonne part ce problème de société par une coopération assainie, pour sortir d’une forme de gouvernance dont l’irresponsabilité nuit aux intérêts des Français eux-mêmes et reconstruire un projet de société adapté aux enjeux présents et futurs, faisons de l’abolition du néocolonialisme une cause nationale !

 

       LIBERATION IMMEDIATE DE MAMAHMAT IBNI

    ANNULATION DU DERNIER CONTRAT D’ARMEMENT SIGNE AU TCHAD

 PROMULGATION D’UN MORATOIRE CONCERNANT LES VENTES D’ARMES EN AFRIQUE 

   CREATION D’UNE COMMISSION D’ENQUETE PARLEMENTAIRE, EN COLLABORATION AVEC LA PLATE-FORME CITOYENNE FRANCE-AFRIQUE

 

 

         

                                               

                        

 

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Jeudi 21 février 2008 4 21 /02 /Fév /2008 13:26

             L’ETAT  FRANÇAIS EN QUESTION (21-02-2008)

 

      Depuis l’élection présidentielle de mai dernier, il souffle un vent de tempête en France : ratification parlementaire du traité européen simplifié d’obédience néo-libérale, alors que sa version précédente a été l’objet d’un refus majoritaire, à l’occasion du référendum de mai 2005 ; adoption d’une législation xénophobe et attentatoire aux droits de l’homme; maintien de la dictature tchadienne à l’encontre d’une rébellion armée, remise en cause d’acquis sociaux, édifiés au cours des décennies précédentes : le Code du travail, les régimes de retraite… ; adoption d’une loi qui privatise en grande partie l’enseignement supérieur et la recherche nationales et centralise abusivement leurs instances de décision; réforme à la hussarde de l’implantation de la justice, qui désertifie les territoires ; omniprésence d’un Président de la République dont le projet de modification de la Constitution est de nature présidentialiste et qui débauche les cadres du centre et de la gauche républicaine; a contrario, dégradation concertée de l’image des oppositions de gauche dont celle du principal parti, le PS, les autres partis et organisations étant condamnés, eux, à la quasi inexistence médiatique et télévisuelle….

    A cette violence d’Etat, d’une ampleur assez inégalée sous la 5e République, s’opposent des résistances populaires multiformes : mouvement de solidarité à l’égard des Sans papiers, grève des salariés des transports dont les régimes spéciaux de retraite ont été finalement abrogés, grève des étudiants inquiets pour leur avenir, mobilisation tout aussi vaine des personnels de justice et des chercheurs ; à ces mouvements sociaux, s’ajoute l’insurrection armée de la banlieue parisienne, à Villiers le Bel, qui signifie comme en 2005 le refus désespéré des ghettos pour les jeunes d’origine immigrée… Le pourrissement actuel de ces contre-offensives nous amène à préciser encore les causes d’un rapport des forces aussi défavorable. Les médias publics désorientent l’opinion publique au compte de l’exécutif, incriminant tour à tour  leaders et partis et instillant esprit de division et de confusion; dans les faits, au delà des individualités et des groupes, au-delà de la personne du Président, c’est le système d’Etat propre à la France qui génère la crise que nous connaissons.  Dans un contexte européen et international marqué par les déboires de la guerre d’obédience atlantiste en Irak , par la revanche économique de pays émergents tels la Chine et l’Inde ainsi que  par la progression altermondialiste du continent latino-américain, l’Etat français renforce son rôle de gendarme de l’ordre néo-libéral, aux côtés de l’administration Bush ; cet objectif nécessite de mater en interne un peuple de tradition rebelle.

    Réformer son propre Etat, lorsque celui-ci dérape aussi systématiquement sur le terrain de la démocratie sociale et (géo)politique, des droits de l’homme, de l’impartialité…créer les conditions d’une autre République, tel est donc in fine l’enjeu implicite, le non-dit de ces confrontations. Pour que cette stratégie soit payante, la cible à laquelle il faut s’attaquer en premier lieu, c’est le système de réseaux et de lobbies qui tente de verrouiller, comme aux USA, les portes du pouvoir central, de l’alternance voire des alternatives sociétales. Témoigne de la collusion des mondes politique et économique mais également de la fin de vie programmée de ce régime, le nombre impressionnant d’affaires qui défrayent régulièrement la chronique et qui compromettent les premiers responsables de l’Etat UMP: affaire Clearstream (de Villepin ancien Premier Ministre), affaire des emplois fictifs de la ville de Paris (Chirac ancien Président), affaire EADS (Breton ancien ministre de l’économie), affaire Pasqua, affaire Gautier de Sauvagnac (MEDEF), affaire de la Société Générale…L’absence de watergate ou de démarche d’empechment en France pose question, l’argument de l’indépendance de la justice ne pouvant pas être indéfiniment un prétexte au défaitisme: l’institution judiciaire est dans les faits dans l’incapacité de traiter convenablement ces dossiers, en l’absence d’une mobilisation citoyenne et médiatique sur ces questions essentielles de la vie publique. A la différence de l’Allemagne par exemple dont le pouvoir central traite lui-même de la récente affaire de corruption de certaines de ses élites, via le paradis fiscal du Lichtenstein. Dans le même ordre d’idée, le pays ne pourra plus ignorer longtemps ce « secret de Polichinelle » qu’est le néocolonialisme, responsable tant de l’exploitation aberrante et anachronique des peuples d’Afrique francophone que d’une bonne part du cynisme hexagonal, drainé par l’extrême-droite et désormais par l’Etat UMP.

     Enfin, pour la pérennisation de la 5e République, forme d’Etat rejetée par tous les candidats de gauche et du centre, la nouvelle Présidence s’investit tout particulièrement dans les institutions et disciplines à caractère idéologique : l’histoire est revisitée et récupérée, les médias, l’Ecole et l’Université sont caporalisés…Cette démarche s’inscrit dans la philosophie de l’« économie de la connaissance » et de la culture people - formes dévoyées d’une société des savoirs et des cultures partagés grâce à l’informatique- et qui font désormais du « capital humain » sa nouvelle cible. Suite à la destruction concertée d’un grand nombre de processus de démocratisation en Afrique francophone depuis la chute du mur de Berlin et cela en l’absence de mouvement de solidarité en France, soyons-en sûrs : c’est notre propre jeunesse qui va désormais payer le prix fort du néo-libéralisme à la française. Opposons-lui des formes renouvelées d’organisation et de création qui déjouent les tentations bonapartistes et dynamisent le débat public: solidarité agissante avec les autres peuples dont ceux d’Afrique francophone et du Sud, avec les DOM-TOM et les communautés issues de l’immigration, démocratie participative en interne, dialogue interdisciplinaire à l’Université, promotion de l’inter-régionalité, d’une parité et d’une diversité culturelle authentiques et non pas de strass et de paillettes…Pour exemple, l’Espagne a réussi sa volte-face en 2004 et bénéficie d’une embellie notable sur les terrains citoyen et socio-culturel, son retrait courageux de la guerre en Irak, suite à l’attentat meurtrier de Madrid (11 mars 2004) ayant coïncidé avec l’expulsion du gouvernement libéral-autoritaire d’Aznar. Rappelons que c’est en particulier sous son impulsion qu’à la suite du fiasco démocratique de 2002 en France, les élections régionales et européennes donnèrent une large victoire à la gauche. En parallèle à la question de la répartition des richesses nationales, ce sont donc d’abord et avant tout les dysfonctionnements de la démocratie (géo)politique en France qu’il reste à  assumer.

 

 

                     

 

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Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 11:39

     LETTRE OUVERTE AUX DIRIGEANTS DU PS  (05-11-2007)

 

          Etant donné les évolutions actuelles de la vie tant internationale que nationale, nous nous adressons à vous en tant que principaux responsables de l’opposition en France et porteurs de ce fait de l’aspiration collective à des alternatives constructives. Un double de ce courrier est transmis aux différents partis d’opposition ainsi qu’aux associations.

        Notre propos portera sur trois points complémentaires : l’acceptation par Dominique Strauss Kahn du poste de Directeur Général du FMI, les relations de Coopération franco-tchadiennes à la lumière de l’affaire Arche de Zoé, enfin la question du mode de consultation concernant le projet de Traité européen modifié.

 

       1- L’acceptation par Dominique Strauss Kahn du poste de Directeur Général du FMI

 

          Cette nomination pose un problème quant à la maîtrise de ses enjeux: pourquoi l’opinion publique n’a t’elle pas été informée de la crise actuelle de cette institution, dont le précédent Directeur Général Rodrigo Rato a démissionné en juin dernier et que de nombreux  pays progressistes d’Amérique latine (Argentine, Venezuela, Bolivie, Equateur, Paraguay, Brésil) menacent de quitter? En lieu et place du FMI dont les peuples du Sud ont démontré que cette institution, créée en 1944 par les pays occidentaux, est en fait un outil d’exploitation post-colonial, la création de la Banque du Sud le 3 novembre 2007 s’inscrit dans un processus d’émancipation et construction continentale, alimentée par les succès électoraux d’équipes nationalistes, féministes et d’origine amérindienne.

          Dans l’état actuel des choses, l’on est donc en droit de penser, comme le CADTM (Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde) basé en Belgique et dont nous vous adressons le dernier communiqué,  que malgré les promesses du FMI de se moderniser, Dominique Strauss Kahn ne pourra pas y défendre réellement l’intérêt général.

           Nous proposons qu’un débat public soit organisé qui permette à l’opinion nationale de s’informer sur ces questions et de déterminer si le FMI (de même que la Banque Mondiale) est réformable ou s’il doit être remplacé par une institution démocratique et sous l’égide des Nations Unies, comme les autres organismes  internationaux (OIT, FAO, OMS, UNESCO, CNUCED…). La France pourrait jouer alors un rôle pleinement positif.

 

         2- Les relations franco-tchadiennes à la lumière de l’affaire Arche de Zoé

      

             L’embroglio diplomatique dans laquelle sont enlisées actuellement les relations franco-tchadiennes est également symptomatique d’une fin d’ère à laquelle il nous faut apporter, dans l’unité des forces de progrès, des alternatives programmatiques. Quel que soit le degré d’amateurisme de l’opération Arche de Zoé, la situation démontre les limites de l’action humanitaire en Afrique et le désespoir des peuples victimes et des citoyens solidaires, en l’absence d’un discours vraiment alternatif et largement médiatisé, sur les relations franco-européo-africaines. L’occasion nous est donnée de faire la lumière, comme pour les relations franco-lybiennes (contrats occultes d’armements) et les relations franco-djiboutiennes (affaire Borrel), sur des modes de coopération anachroniques et dont ne veulent plus majoritairement les peuples d’Afrique francophone et la société civile française : quelle  est  la mission actuelle de la Coopération militaire au Tchad et dans la région ? Quel est le contrat réel de Coopération avec la dictature d’Idriss Déby, en matière d’exploitation des ressources pétrolières…etc?

             Confrontés que nous sommes à un atlantisme libéral-autoritaire agressif qui a pris pied en France (en dépit de ses échecs dans l’Espagne de Zapatero, dans l’Italie de Romano Prodi, au Congrès américain lui-même sous la Présidence de Nancy Pelosi, dans la guerre en Irak…) et solidaires de la construction continentale latino-américaine, nous avons tout intérêt à construire en parallèle un partenariat francophone de qualité et qui nous fasse enfin honneur. Prenons exemple sur l’Allemagne dont la médiation a joué en faveur de l’intégration de la Turquie dans l’Union Européenne. A ce titre, le traitement humanitaire, intra muros, de l’immigration clandestine et l’opposition aux aspects les plus inhumains de la loi Hortefeux (la question des contrôles génétiques) ne suffisent plus. Il serait bienvenu de faire un bilan public de l’échec d’autres responsables socialistes (Bernard Kouchner au Ministère des Affaires Etrangères, Jean Marie Bocker au Ministère de la Coopération…) à marquer leur différence par rapport à la politique gouvernementale, sur la question des relations controversées de la France au Sud. La candidate Ségolène Royal à l’élection présidentielle a pris position oralement pour l’abolition du néo-colonialisme et une plus grande transparence de l’Aide Publique au Développement (APD). Le PS prend-il en charge ce programme, qui pourrait inclure la neutralisation des maffias françafricaines et se solidariser avec les gouvernements et oppositions progressistes d’Afrique ? A ce propos, est rajoutée au courrier la résolution de la dernière AG d’ATTAC (octobre 2007) sur ces questions.

 

III- Le mode  de consultation concernant le projet de traité européen modifié

 

              Dans ce contexte troublé, la question du mode de consultation concernant le traité européen modifié n’est pas anodine. Etant donné l’opposition majoritaire, exprimée par la voie référendaire, du peuple français comme du peuple néerlandais, au projet précédent, il serait judicieux de ne pas nier cet acquit de la démocratie populaire, exprimée dans le domaine de la vie internationale et prise en compte par la majorité des candidats à l’élection présidentielle de 2007. Car, ce qui est en jeu, dans les évolutions au 21e siècle, dans l’Union Européenne comme au FMI, c’est la capacité des peuples à conjurer les dangers d’une technocratie grandissant au fur et à mesure des progrès de  la mondialisation. Pour ce faire, à l’opposé d’un présidentialisme qui aurait le monopole de la gestion des relations internationales, la représentation nationale, même minoritaire, peut et doit intervenir, aux côtés des peuples et de la société civile, dans ces domaines qui exercent désormais une influence certaine dans la vie des citoyens, au quotidien.

             Au delà, sur un plan géo-politique, nous manifestons notre vive réticence à l’égard de la construction d’ une Europe structurellement néo-libérale, conduite de ce fait à résister aux aspirations altermondialistes des autres continents dont ceux du Sud, Afrique et Amérique latine en particulier.

 

           Pour conclure, votre parti a engagé légitimement un recours auprès du CSA pour demander une plus juste répartition de l’expression des opinions dans les médias publics. Mais, pour que notre démocratie vive effectivement, ne faut-il pas rajouter à cette disposition le refus de l’autocensure de la part de l’opposition elle-même concernant les centres d’intérêt émergents? Le mouvement créateur des peuples nécessite des réformes programmatiques à la mesure des défis du 21e siècle : sans doute est-ce par l’unité des forces de progrès que nous parviendrons à les mettre en actes et à retrouver, ce faisant, en France les voies de l’espoir et du renouveau.

 

                                                                       

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Lundi 22 octobre 2007 1 22 /10 /Oct /2007 19:33

            L’installation le 1er novembre 2007 de Dominique Strauss Kahn à la direction du Fonds monétaire international (FMI) s’inscrit dans un contexte de crise de l’institution : depuis sa création à la fin de la 2e guerre mondiale (1944), celle-ci a en effet imposé des diktats économiques aux pays du Sud pour le maintien des privilèges des métropoles coloniales et d’autres puissances occidentales. Dans les années 1980, pour le paiement d’une dette souvent illégitime, contractée par des dictateurs à la solde des acteurs précités, la mise en place des programmes d’ajustement structurel (PAS) dans les pays du Sud s’est conclue par la privatisation, voire la liquidation des patrimoines nationaux et la paupérisation des services publics, dans les domaines de l’éducation, de la santé, des transports… La dévaluation du FCFA de 50% de sa valeur en 1994 est également responsable d’une dégradation accrue des conditions de vie dans la zone franc, en Afrique.

      Cette politique discriminatoire est imposée par un mode peu démocratique de fonctionnement interne : depuis 60 ans en effet, le directeur du FMI est systématiquement un Européen tandis que la direction de la Banque Mondiale est réservée à un ressortissant des Etats-Unis qui détiennent par ailleurs une minorité de blocage. Quant à la répartition des quotes-parts attribués aux pays pauvres pour la gestion de l’institution, la rencontre des ministres des Finances (AG annuelle des 20-21 octobre dernier à Washington) en a reconnu l’insuffisance et a proposé une infime modification. Pour toutes ces raisons, de nombreux pays ont manifesté leur hostilité à l’égard de ces pratiques, voire de l’existence même de cette institution. Un grand nombre de pays d’Amérique latine ont quitté le FMI pour créer la banque du Sud.

     La nomination consensuelle de Dominique Strauss-Kahn, leader socialiste français, plébiscité par le Président Sarkozy au nom de sa politique d’ «ouverture» au centre et à gauche, pose également problème au niveau national. Faisant suite aux nominations de Jacques de Larozière et Michel Camdessus démocrate-chrétien (à la direction du FMI), de Pascal Lamy socialiste (à la direction de l’OMC)…, elle s’inscrit dans la longue tradition impérialiste de l’Etat français, aux côtés des Etats-Unis et des pays « pilotes » de l’Union Européenne. A ce titre, nous dénonçons cette nomination sans programme explicite et qui sert dans les faits les intérêts de ceux qui, en France même, s’attaquent aux acquis sociaux et aux services publics et promeuvent, malgré l’opposition majoritairement exprimée par le peuple à l’occasion du référendum de mai 2005, un nouveau traité européen aussi libéral que le précédent, atlantiste et qui brade la souveraineté politique des Etats membres. Cette nomination contredit par ailleurs les principes élémentaires d’une bonne gouvernance à l’échelle internationale pourtant défendus par le PS, les institutions de Bretton Woods n’étant pas soumises actuellement aux recommandations édictées par les organisations à caractère social et culturel et qui sont sous l’égide des Nations Unies: FAO, OMS, OIT, UNESCO, CNUCED… Pour conclure, nous renouvelons à cette occasion notre soutien aux revendications des pays émergents et du Sud (groupe des 21) et nous recommandons la plus grande vigilance concernant la gestion à venir du FMI, sous cette direction :

-         démocratisation du fonctionnement du FMI

-         annulation totale de la dette des pays du Sud (celle-ci ayant été remboursée plusieurs fois)

-         respect par le FMI des principes développés dans la Déclaration universelle des Droits de l’homme et du Pacte des Droits économiques, sociaux et culturels

-         arrêt de la politique des PAS (programmes d’Ajustement Structurel) au profit d’un partenariat équitable et d’une véritable politique de coopération et de co-développement, telle qu’édictée par les organismes internationaux à caractère social et culturel : FAO, OMS, OIT, UNESCO
- démocratisation du débat public sur l'action des organismes financiers internationaux: FMI, Banque mondiale, OMC, Club de Paris et de Londres...
 

 

Références de lecture :  

             - FMI, les peuples entrent en résistance (ATTAC France)

             - Que faire du FMI et de la banque mondiale ?  (ATTAC France)

             - L’Afrique sans dette, par Damien Millet (CADTM/Syllepse, 2005)

             - Banque mondiale, le coup d’Etat permanent, par Eric Toussaint (CADTM/Syllepse/Cetim, 2006)

  - Dette odieuse, bande dessinée, par Frédéric Chauvreau et Damien Millet (CADTM/Syllepse, 2006)

 

           

 

 

 

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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /Oct /2007 18:32
liste de diffusion: fraternafrique@ml.free.fr
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /Oct /2007 18:18
 ACTUS (Tchad): www.tchadespoir.net

AITEC: www.aitec.reseau-ipam.org
Association internationale de  techniciens, experts et de chercheurs

 ATTAC France: www.france.attac.org

CADTM: www.cadtm.org
Comité d'annulation de la dette du Tiers Monde

CEDETIM: www.reseau-ipam.org/aitec
Centre d'études et d'initiatives de solidarité internationale

CRID: www.crid.asso.fr
Centre de recherche et d'information sur le développement

 RPS: www.r-p-s.info
Régions et Peuples Solidaires

SURVIE: www.survie-france.org

SURVIE Midi-Pyrénées: www.survie31.over-blog.com
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /Oct /2007 17:50

LE PACTE REPUBLICAIN EN JEU
octobre 2007

 

 

         La crise politique que connaît la France remonte à 2002, date de la qualification du FN au second tour de l’élection présidentielle, au détriment des représentations de la gauche et du centre. Certes, la progression de l’extrême-droite, l’une des plus fortes de l’Union Européenne, a été endiguée depuis lors ; cela dit, la crise traversée par les différentes forces de progrès (implosion du mouvement d’unification de la gauche antilibérale, marginalisation accrue du PCF et des Verts, divisions au sein du PS alimentées de l’extérieur, débauchage du plus grand nombre des élus de l’UDF au profit de l’UMP …) révèle que le problème se situe moins au niveau des partis ou des personnalités que des limites actuelles de notre système démocratique. Il est temps de faire le bilan des déséquilibres structurels qui entravent la marche du changement démocratique en France, sous la forme de l’alternance au niveau du pouvoir d’Etat voire d’alternatives philosophiques plus conséquentes.

         Dans le cadre du débat droite-gauche, le clivage est net entre le monde des affaires et celui des salariés, entre une forme patriarcale et autocentrée de gestion du pouvoir et de l’autre côté l’émergence d’une démocratie paritaire et participative, voire d’un leadership au féminin (Ségolène Royal, Marie George Buffet, Dominique Voynet, Arlette Laguillier), entre un ex Ministre de l’Intérieur grandement responsable des émeutes de l’automne 2005 dans les banlieues (les plus fortes qu’ait connues l’UE depuis bien longtemps) et une ex Secrétaire d’Etat à l’Education Nationale, entre les plus âgés des électeurs qui ont voté par instinct sécuritaire et conservateur et la jeunesse; entre l’Elysée, détenu par l’UMP depuis 1995 sans discontinuer et les régions, quasiment toutes à gauche depuis 2004 grâce à une réaction salutaire de l’électorat …

         Dans ce contexte, l’autoritarisme dont se prévaut l’extrême-droite est recyclé par le parti-Etat qu’est l’UMP, parti créé sur le modèle du Parti Populaire (PP) d’Aznar, dans Espagne post-franquiste. Or, le peuple espagnol s’est libéré, lui, du régime d’Aznar tout comme le peuple italien du régime Berlusconi, pourtant renforcés l’un et l’autre par leur participation à la guerre américaine en Irak décidée par l'administration Bush . Les Etats-Unis, eux-mêmes, se sont dotés d’un contre-pouvoir parlementaire et l’Allemagne a élu une femme chancelière. Il n’est pas question de diaboliser l’Etat français ni son nouveau représentant, Nicolas Sarkozy qui sait manier habilement la carotte comme le bâton, mais force est de constater que nous héritons nous-mêmes d’une longue tradition double, impériale et progressiste à la fois.

         Le déséquilibre national ne fera que s’intensifier, en faveur de l’affairisme, de la course effrénée à la croissance, du bipartisme, de la "peopolisation" du champ politique… si nous ne parvenons pas à préserver l’outil démocratique qui nous appartient, et si nous ne renouvelons pas les termes du débat public, au niveau des pouvoirs et des contre-pouvoirs précités. C’est donc avec une grande détermination que nous vous demandons de mener campagne de manière unitaire, non seulement sur les questions socio-économiques traditionnelles de la gauche, mais aussi sur les questions suivantes :

         - la question des médias : la collusion de l’exécutif et des médias publics, en particulier télévisuels est devenue inacceptable: propagande en faveur du parti de gouvernement, en particulier à la veille des échéances électorales, désinformation sur la base de dénigrements répétés, d’incitation à la division entre les représentants de l’opposition et censure de fait de nombreuses minorités et du monde associatif alternatif…

         - la question des affaires : la France détient sans doute le record de l’UE en matière d’affaires politico-financières impliquant les plus hauts dignitaires du pays et de l’UMP (affaires des Emplois fictifs de Paris, Clearstream, EADS, des HLM de Paris, ELF, Affaire Borrel…), affaires qu’une justice subordonnée peine à instruire. Le désengagement progressif de l’Etat à l’égard des réseaux et des lobbies affairistes, en particulier françafricains, dépend de notre force de mobilisation citoyenne dans un cadre unitaire…

         - la question néo-coloniale : le maintien de relations de domination anachroniques avec les pays francophones d’Afrique est largement responsable, non seulement de leurs difficultés souvent dramatiques, pour accéder à la démocratie et au développement, mais aussi de l’autoritarisme croissant en France, et du malaise récurrent des banlieues, exacerbé par la répression sans contrepartie suffisante de l’immigration clandestine. Dans l’intérêt de tous, il importe de réformer les relations franco-africaines et de promouvoir un véritable co-développement.

          - la question de l’inter-régionalité : le développement d'un véritable dialogue inter-régional permettra de valoriser l’apport culturel et politique propre des régions historiques et des DOM-TOM, apport actuellement trop marginalisé, tout en créant l’un des contre-pouvoirs les plus efficaces du pays

            - la question de l’éducation à la citoyenneté et à la diversité culturelle: face à la crise morale et à la sous-culture people, réalisons à l’Ecole les conditions qui manquent pour lui permettre de remplir sa mission d’aujourd’hui: la réhabilitation morale du métier d’enseignant, l'accroissement de l’éducation citoyenne, paritaire et interculturelle, la promotion des sciences de l’Homme et bien sûr la mise à disposition des moyens matériels indispensables à un fonctionnement efficace…

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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /Oct /2007 17:27

                QUELLES CONDITIONS POUR UN RENOUVEAU ?

 

       L’Intersyndicale des journalistes (SNJ, SNJ-CGT, USJ-CFDT, SJ-CFTC, SPC-CFE-CGC, SJ-FO) appelle à une mobilisation professionnelle et citoyenne pour le maintien de la liberté de la presse et pour le pluralisme de l’information en France[1]. Le principal parti d’opposition, le PS, en appelle, lui, au CSA pour contrôler le temps de parole présidentiel à l’antenne; le comité de riposte réunissant de larges composantes de l’opposition (gauches républicaines et antilibérales) s’est réuni pour envisager l’avenir du pays et les alternatives politiques… Or, ces faits importants au plan démocratique ont été minorés voire passés sous silence par les médias d’Etat, en particulier télévisuels, alors que dans le même temps, est alimentée une campagne de dénigrement et de division de l’opposition et de ses représentants.

        L’élection de Nicolas Sarkozy intronise sans conteste un retour en force du monde des affaires et cela au détriment des forces de progrès et des acquits sociaux. Il s’agit là d’ un enjeu international comme le démontre la compromission d’élus ralliés au nouveau pouvoir, et cela dans la plus pure tradition bonapartiste du pays :choix d’Hervé Morin de l’ex-UDF à la tête des armées ; élection consensuelle de Dominique Strauss Kahn à la direction du FMI, responsable avec la Banque Mondiale de la faillite de nombreux pays du Sud par la manipulation d’une dette illégitime et des patrimoines nationaux au compte des intérêts occidentaux; Bernard Kouchner, Ministre des Affaires Etrangères, artisan du rapprochement avec l’administration Bush en Irak et d’un bellicisme provocateur à l’égard de l’Iran, hostile au retrait de la compagnie Total[2] de Birmanie régi par une dictature esclavagiste, a quant à lui, entamé sa carrière de french doctor au chevet des malades africains du néocolonialisme :guerre du Biafra commanditée en sous-main par la France pompidolienne pour les intérêts de nos compagnies pétrolières, génocide rwandais dont la cohabitation Mitterrand-Balladur porte une part certaine de responsabilités, camouflée par le rapport d’information Jospin-Joxe…. Sous ses ordres, le Secrétariat d’Etat aux Droits de l’homme, géré par la Sénégalaise Rama Yadé, est un pur alibi, le discours sarkozien de Dakar ayant, par son racisme anachronique, soulevé contre la France les élites africaines. Enfin, Jean Marie Bocquel, en poste à la Francophonie et à la Coopération, respecte à la lettre le contrat de discrétion au service des intérêts franco-français ; son homologue de l’Immigration, Brice Hortefeu occupe d’ailleurs une part de ses attributions, le co-développement, jouant, lui, la carte visible et sécuritaire, pour la France lepéniste, de la main de fer, celle de l « éloignement » des clandestins indésirables. Pendant ce temps, entre deux visites des juges pour «affaires», le Président de la République sortant se refait une réputation à la tête d’une fondation consacrée au « dialogue des cultures » avec les pays du Sud!

         Crevons l’abcès une fois pour toutes : par delà la question socio-économique, par delà la question des personnes, la principale raison de la crise nationale est d’ordre institutionnel. Si le néo-colonialisme sévit pour la prédation des richesses africaines, le bonapartisme renaissant vise désormais à mettre au pas le peuple français lui-même. A la gestion du pouvoir central par les lobbies et les réseaux d’affaires, opposons une solidarité effective entre les peuples, comme entre les citoyens; l’alternative en France et tout simplement l’alternance sont à ce prix :  

     

     -campagne d’opinion pour le droit des citoyens à l’information et pour la libre expression en France des partis d’opposition, des minorités, du monde associatif alternatif, des représentants des pays francophones et des Suds…

      -commission d’enquête parlementaire et citoyenne concernant les « affaires » politico-financières de la dernière décennie : affaire Clearstream-EADS, affaire Total (Birmanie), affaire ELF-Afrique…

       -bilan public de la gestion des « ralliés » au sarkozysme : Affaires Etrangères, Coopération et Francophonie, banlieues…

        -campagne d’opinion concernant le programme de Dominique Strauss Kahn à la tête du FMI : annulation (bilatérale et multilatérale) de la dette des pays du Sud, participation équitable des pays du Sud et du Nord à la gestion de l’institution…

 

 

FRATERNITE FRANCO-AFRICAINE (FFA) le 2 octobre 2007


Site : www.fraternafrique.over-blog.com

 

 

 

[1] La première assemblée générale de l’intersyndicale est prévue le jeudi 4 octobre à 18 h, au Musée social, 5, rue Las Cazes - Paris 7e  avec le soutien d’ATTAC en particulier.

 

 

[2] Suite au procès ELF-Afrique en France, la justice belge instruit un procès contre la gestion de la compagnie Total en Birmanie : il faut espérer qu’il soit plus concluant !

Courriel : fraternafrique@ml.free.fr
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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /Sep /2007 09:09

                     PROPOSITION DE LETTRE OUVERTE AU
                 CONSEIL SUPERIEUR DE L’AUDIOVISUEL (CSA)
                      17 septembre 2007
 
       A l’occasion de la commémoration du 60e anniversaire du programme du Conseil National de la Résistance (CNR) le 8 mars 2004, les survivants appelèrent « les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l’amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil National de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944. »
       De même, l’une des résolutions présentées par le bureau d’ATTAC France à la prochaine Assemblée générale de l’association (octobre 2007) propose que « la critique du système médiatique devienne un axe de travail transversal à l’ensemble des campagnes (…) dans le but de déconstruire à tous les niveaux le discours néo-libéral et de mener une bataille pour la pluralité de l’information. »
 
     Une telle mobilisation est rendue nécessaire par le contexte qui prévaut actuellement à la vie sociale et médiatique: collusion croissante des pouvoirs centraux de l’Etat et des médias publics, en particulier télévisuels (nomination d’un proche du Président de la République à la direction de TF1…) ; propagande ostensible en faveur du camp sortant et majoritaire, en particulier à la veille des échéances électorales ; désinformation sur la base de dénigrements répétés, d’incitation à la division et de censure concernant l’opposition politique et le monde associatif alternatif ; enfermement, à l’occasion des campagnes électorales, dans les enjeux nationaux et dans un bipartisme étroit, à la limite du monopartisme ; ethnocentrisme marqué en matière de traitement de l’actualité internationale, en particulier Nord-Sud et franco-africaine ; fermeture d’émissions telles « Arrêt sur images » animée par Daniel Schneidermann qui favorise une formation citoyenne à la lecture raisonnée et critique des médias ; tendance nette à la réduction des enjeux économiques aux questions de la compétition internationale et de la croissance, en lieu et place d’un développement fondé sur la coopération; multiplication inquiétante d’une culture people d’obédience atlantiste qui cultive par exemple la politique-spectacle, l’hyper-personnalisation et le fait-divers en lieu et place d’un débat d’idées citoyen et démocratique ou d’une culture sociale et artistique de qualité .. .
 
     Ces phénomènes conjugués exercent une influence excessive et malsaine sur l’opinion publique et sa part la plus vulnérable, la jeunesse et peuvent entraîner, parmi d’autres facteurs objectifs (socio-économiques) une régression des mentalités et du pacte convivial ; au-delà, cette tentative hégémonique de la part du monde des affaires et de ses réseaux réduit sensiblement les perspectives nationales en matière d’alternative sociétale voire d’alternance au pouvoir. Lutter efficacement à l’encontre de ces dénis de démocratie et au delà de culture nécessite l’unité la plus large. Un élément fédérateur pourrait être, entre autres moyens d’action, la circulation au niveau des autres médias disponibles (Internet, journaux, chaînes régionales et radios locales…) d’une lettre ouverte inter-associative au CSA demandant :
       -le respect par les chaînes de télévision et de radio de leurs principes professionnels : indépendance à l’égard de l’Etat central, objectivité à l’antenne, traitement équitable des différents intervenants, pluralité de l’information et de ses sources…en particulier à l’occasion des prochaines échéances électorales
        -l’arrêt de la censure concernant certaines composantes de l’actualité (questions internationales, géo-politiques et stratégiques, relations Nord-Sud, en particulier franco-africaines…) et de l’opinion publique (composantes régionales, dont celle des DOM-TOM ; composantes antilibérale et alter-mondialiste représentée en particulier par ATTAC  …)
         -la réouverture de l’émission de Daniel Schneidermann, « Arrêt sur images » ainsi que la création d’une émission critique de cet ordre par chaque chaîne
         - l’établissement d’un quota d’antenne strict concernant les émissions people et lavalorisation d’émissions favorisant en particulier pour la jeunesse la créativité et le dialogue interculturel.
 
         La couverture médiatique des prochaines campagnes électorales sera un indice clair du degré de bonne santé de notre démocratie ; en cas de nouveaux dérapages, la constitution d’un Observatoire indépendant et inter-associatif des médias publics pourrait être une démarche appropriée.
 
 
 
 
 
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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /Sep /2007 08:55
                 BONAPARTISME PEOPLE: LA RESISTANCE S’IMPOSE !
                                           (1er-09-2007)
 
        Un trimestre après l’élection présidentielle, la vigilance s’impose. Certes, l’été est propice à un état de grâce pour les nouveaux locataires de l’Elysée et Nicolas Sarkozy soigne son image de marque auprès des électeurs, en jouant sur tous les tableaux. Avant même la rentrée sociale et ses nécessités économiques, un bilan est à faire cependant sur les mœurs du nouveau pouvoir en place et sa gestion des médias : en fait, la collusion croissante des deux institutions demandent une mobilisation concertée pour la préservation de nos acquits démocratiques.
 
I-Un bonapartisme people
        Les observateurs ont commenté l’omniprésence du nouveau Président: ce phénomène, tout comme son intention d’accroître les pouvoirs de l’exécutif, correspond à la volonté du milieu des affaires de renforcer le rôle du pays dans l’ordre international. Cette stratégie de concentration des pouvoirs est multiforme: perquisition précipitée au domicile de l’ancien Premier Ministre, Dominique de Villepin, dans le cadre de la sombre affaire Clearstream, au mépris de l’indépendance de la justice ; relégation du Premier Ministre actuel à un rôle de « Secrétaire de l’Elysée » ; missions diplomatiques de Cécilia Sarkozy, effectuées sans contrôle parlementaire, cela, il est vrai, dans la plus pure tradition de la cellule africaine de l’Elysée ;élargissement inédit à de nombreux cadres du centre et du PS de la nouvelle équipe gouvernementale, qui vise à saper, dans l’opinion publique, le projet d’une alternance en France.
         A cette pratique du pouvoir, s’ajoute une conception populiste des médias. La gestion de l’émotionnel est ainsi la marque de fabrique du nouveau pouvoir : après le débat électoral sur différents projets de société, c’est le fait-divers macabre qui s’impose pour convertir les citoyens à une nouvelle religion laïque, le victimisme. Dans cette perspective, les Ministères de l’Intérieur (point de départ de la montée au pouvoir de Nicolas Sarkozy) et de la Justice dont a hérité la souriante Rachida Dati sont en première ligne. Ainsi, à défaut de solidarité socio-économique, sommes-nous conviés, à l’occasion des JT estivaux, à un travail de deuil, de compassion et de règlements de compte au quotidien: un marin-pêcheur tué par les pirates modernes des mers, un bébé mordu mortellement par un molosse domestique…et voilà une nouvelle loi en préparation ou le Président en action. Ce pathos savamment entretenu maintient en haleine l’opinion publique, les déterminismes de cet univers morbide et manichéen étant vaincus virtuellement par l’ « homme providentiel » mis au pouvoir. Cette mise en scène people, style jeux vidéos et digne de l’administration Bush est bien sobrement commentée par notre opposition qui privilégie les questions traditionnelles d’ordre économique : le pouvoir d’achat à la rentrée, la croissance, la crise financière internationale…C’est sans compter sur la capacité de diversion et de démobilisation que constitue un usage aussi immodéré des médias. Pour exemple, pendant qu’on amuse la galerie, opère en coulisses Brice Hortefeux dont la « mission » de reconduite aux frontières des Sans papiers s’effectue dans des conditions douteuses d’humanité.
 
            II-Les médias publics au service du nouveau pouvoir 
 
       Parlons maintenant de la stratégie adoptée comme un seul homme par les journalistes télévisuels depuis le 6 mai dernier, stratégie qui était, avant cette date, réservée à l’extrême-droite : est-il normal de vilipender les différents représentants du centre et de la gauche et spécialement du PS ? De prédire un raz de marée à l’élection législative en faveur de l’Elysée ? Celui-ci ne s’étant pas produit, grâce à un sursaut de vigilance des électeurs, de ne faire aucune auto-critique? De poursuivre ce lynchage médiatique, à l’égard d’une représentation politique pourtant reconduite de manière honorable ? De personnaliser le débat à outrance et de chercher la faille ? Et, dans le même temps, d’empêcher toute riposte d’envergure en fermant des émissions telles que Arrêt sur images (de Daniel Schneidermann) qui proposent une lecture distanciée et raisonnée de l’exercice des médias d’Etat?
      En l’occurrence, dans l’arène réduite au bipartisme, la cible principale de ce punching ball c’est le PS comme concurrent potentiel au pouvoir ; tous les moyens sont bons pour l’atteindre : soupçons de désunion, récupération des rancoeurs nées de l’échec électoral, atteinte à la vie privée des responsables, misogynie à propos de la candidature de Ségolène Royal, en passe de devenir la « femme fatale » de la République…  Plus les médias en parlent, plus la division du PS semble s’intensifier sous les yeux des citoyens convoqués en voyeurs de sa déconfiture programmée. Quant aux autres organisations politiques, ils n’ont plus guère les honneurs du petit écran, ayant déjà subi le rouleau compresseur de l’Etat-UMP: implosion du processus d’unification des gauches antilibérales, quasi-décapitation de l’UDF qui voulait s’émanciper de son giron, le MoDem issu de cette transformation étant superbement ignoré, liquidation supposée du PCF…Véritable guerre idéologique que ce jeu de massacres, dans lequel la force réactionnaire de la 5e République, la droite dite « décomplexée », s’alimente au foyer discret mais pas éteint de l’extrême-droite.
 
III- Quelles conditions à la recomposition politique ?
 
      En réponse, deux attitudes sont privilégiées pour l’instant: la recherche d’un bouc-émissaire sur qui renvoyer la responsabilité de la crise morale traversée (« c’est la faute à un-e tel-le »…) et le défaitisme, dans le style : « ce n’est pas si grave après tout, il a été plébiscité pour faire ce qu’il fait, on ne va pas le diaboliser… ». Certes, le manichéisme n’a pas lieu d’être dans cette affaire, Nicolas Sarkozy innovant avec succès sur des terrains naturels de la gauche tels ceux de la parité homme-femme et de la représentativité politique des minorités ethniques. Cela dit, ce progressisme peut s’avérer un dérivatif si l’essentiel, à savoir le respect des règles du jeu démocratique, telles qu’énoncées plus haut, n’est pas assuré. Autre exemple, la stratégie dite d’ « ouverture » aux cadres de l’opposition : celle-ci s’accommoderait mal, si elle était sincère, du règlement de comptes, via les médias, auquel on assiste à l’égard des responsables de ce parti. Aussi, la préservation de son intégrité propre nécessite, comme toujours, sens de l’unité et esprit de résistance. Quelles que soient les responsabilités des uns et des autres dans la reconduite de l’UMP aux affaires, quelle que soit la politique culturelle et économique de son gouvernement, le plus important maintenant ce sont les libertés publiques et l’avenir politique de ce pays. La décision, prise en particulier par la représentation socialiste et radicale (groupe SRC Socialiste, Radical et Citoyen), de constituer un contre-gouvernement au Parlement est à promouvoir par une démarche de démocratie participative. Une autre démarche pourrait contribuer à la remobilisation, un appel à l’initiative des partis, syndicats, associations, personnalités auprès du Conseil supérieur de l’Audiovisuel (CSA) pour que les médias publics respectent leurs principes professionnels : impartialité à l‘égard des différentes sensibilités politiques, indépendance à l’égard du pouvoir, intégration au débat public de la société civile et des associations telles ATTAC objet de censure…A défaut de quoi, un boycott (par les élus ? par les téléspectateurs ?) des médias télévisuels d’Etat ne devrait-il pas être envisagé, au profit des radios et des médias régionaux et privés? Dans la perspective des prochaines échéances électorales (municipales, régionales…), l’occasion se présente de valoriser des médias alternatifs (Politis…) et régionaux, actuellement marginalisés par le pouvoir central.
       Autre objet de contre-offensive : de nombreuses affaires de corruption engagent la responsabilité d’une partie de la classe politique dirigeante, dont ses premiers élus - affaire EADS, affaire Clearstream, affaire ELF, affaire des frégates de Taïwan, affaire des HLM de Paris, affaire Borrel…- dont l’élucidation et la sanction sont trop souvent empêchées par une justice subordonnée.Faisons-enl’objet d’un débat public de manière à favoriser le contrôle citoyen et parlementaire des institutions de l’Etat et son désengagement progressif de l’influence des réseaux et des lobbies, tant nationaux qu’internationaux, en particulier françafricains.
      Enfin, au regard des enjeux de la société de l’information, notre culture politique ne peut plus se suffire des apports de l’économie : il faut lui rajouter les analyses des sciences humaines (géo-politique, anthropologie culturelle, sémiologie…), seules à même d’aider l’opinion publique à mieux maîtriser les forces subjectives et symboliques qui risquent sinon de nous entraîner dans la dérive de la pipolisation et de la mauvaise foi érigée en système. Il s’agit également de mettre sur la place publique la question centrale des modes alternatifs de développement souhaitables pour le pays et ses zones d’influence européenne et francophone.
             D’une manière générale, l’unité dans les rangs de l’opposition –sous la forme d’un front républicain ?- s’impose à l’encontre du seul et véritable problème, le bonapartisme . Au-delà de la personnalité de Nicolas Sarkozy, il nous faut interroger le volet autoritaire de l’Etat, construit sur une longue tradition de domination patriarcale et de centralisme impérial. Après avoir fait subir aux femmes, aux régions historiques, aux peuples (néo)colonisés, aux Sans-papiers… les rigueurs de l’ordre républicain, c’est à nous tous que l’Etat central s’attaque désormais, dans un contexte de crise généralisée. Paradoxe apparent : des peuples proches connaissent, eux, une embellie appréciable, s’étant libérés ou distanciés de leurs autocrates et ploutocrates –Aznar, Berlusconi…- pourtant inféodés à l’administration Bush, en particulier dans le cadre de la guerre en Irak: l’Espagne de José Luis Zapatero, l’Italie de Romano Prodi, même les Etats-Unis (qui se sont dotés d’un contre-pouvoir législatif  en la personne de Nancy Pelosi), de nombreux pays d’Amérique latine…Autant dire la capacité de nuisance de la bourgeoisie française pour le maintien de ses privilèges. Balayons devant notre porte et, sur la base des mobilisations sociales, paritaires et altermondialistes, c’est une nouvelle page de l’histoire de notre pays -celui des droits de l’homme- qui s’écrira.
 
 
 
 

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